Perché au sommet d’une falaise de la Chuor Phnom Dangkrek, à 550 m de hauteur, l’imposant temple-montagne du prasat Preah Vihear occupe l’emplacement spectaculaire de tous les monuments angkoriens. De là, on domine la plaine cambodgienne qui s’étend à perte de vue avec, dans le lointain, la montagne sacrée H de Phnom Kulen
Le prasat Preah Vihear fut bâti par sept monarques successifs, de Yasovarman Ier (889-910) à Suryavarman II(1112-1152) constructeur d’Angkor Vat, La série de sanctuaires qui s’échelonnent jusqu’au sommet de la falaise témoigne de cette construction progressive. Certains spécialistes soutiennent, au vu d’inscriptions mentionnant le fils de Jayavarman II, le premier devaraja (dieu-roi) d’Angkor, que l’origine du temple serait encore plus ancienne. Ce roi fit apporter une pierre sacrée de l’ancien vat Phu Champasak, un temple cambodgien au Laos. Appelé Khao Phra Wiharn (monastère sacré) par les Thaïlandais, le prasat Preah
Vihear fut un important lieu de pèlerinage pendant la période d’Angkor. Comme les autres temples-montagnes de cette époque, il fut construit pour symboliser le mont Meru et dédié à la divinité hindoue Shiva. Le temple comprend cinq gopura principaux, les plus hauts étant les mieux préservés. Le sanctuaire central est bâti à flanc de montagne et, par endroits, les fondations ne sont qu’à quelques centimètres du précipice ; une preuve supplémentaire de l’habileté architecturale des anciens Khmers. Le site, assez bien conservé, comporte plusieurs linteaux finement sculptés, en particulier autour du troisième gopura, le plus grand. Sur la porte sud, remarquez la version plus ancienne du barattage de la mer de lait, perfectionnée ultérieurement à Angkor Vat. Toutefois, la situation du temple reste son atout majeur.
Le prasat Preah Vihear a longtemps été une source de tensions entre le Cambodge et la Thaïlande et, aujourd’hui encore, les risques de conflit ne sont pas à écarter. La majeure partie de la région fut occupée pendant des siècles par les Thaïlandais, puis restituée au Cambodge à l’époque du protectorat français, conformément au traité de 1907. En 1959, l’armée thaïlandaise s’empara du temple et Sihanouk, alors Premier ministre, porta le conflit devant la Cour internationale. Il parvint ainsi à faire mondialement reconnaître la souveraineté cambodgienne dans une décision de 1962.
L’affaire était réglée, semblait-t-il, tout au moins pour quelques décennies. Le prasat Preah Vihear refit la une de la presse internationale en 1979 lorsque les militaires thaïlandais repoussèrent derrière la frontière plus de 40 000 réfugiés cambodgiens malades et mourant de faim. Cet épisode tragique fut l’un des pires rapatriements forcés de toute l’histoire des Nations unies. La région entière était minée et les réfugiés se trouvèrent piégés dans un véritable enfer. Nombre d’entre eux moururent des suites d’épouvantables blessures, de faim ou de maladie, avant que l’armée vietnamienne d’occupation ne parvienne à sécuriser un passage afin d’escorter les survivants sur la longue route jusqu’à Kompong Thom.
Nous sommes très satisfaits de notre séjour. Le programme correspondait bien à ce que nous souhaitions voir. Nous avons apprécié le fait d’aller à la découverte des minorités ethniques du nord, et de visiter des villages et des sites peu touristiques mais très beaux.